Grands projets de long terme

République écologique, sociale et démocratique
et Sécurité Sociale et Écologique Universelle

Pour relever les défis écologiques, sociaux et démocratiques du XXIème siècle, il nous faut mettre en œuvre des projets de grande transformation qui s’inscrivent dans le long terme, dépassant grandement la durée des mandats électoraux.

Voulant croire à la possibilité de prendre en main les institutions lors des élections de 2022, à partir et au-delà des programmes électoraux, nous proposons de rassembler des membres des différentes organisations politiques, syndicales et citoyennes concernées, des chercheuses et des chercheurs, et des groupes de citoyennes et de citoyens, en vue d’élaborer ensemble la mise en œuvre de grands projets, pensés dans la durée, qui soient en capacité de garantir un avenir souhaitable à l’humanité.

Face au système et aux logiques qui nous mènent au chaos, ces projets doivent être construits autour des trois axes suivants :

1/ Mettre fin à « l’économie brune » associée à l’économie du profit, ensemble responsables du réchauffement climatique, de la sixième extinction de masse, de la surexploitation des ressources, de la précarisation et l’appauvrissement des populations, de l’augmentation exponentielle des inégalités…

Interdictions par la loi, fiscalité croissante et dissuasive et blocage des dividendes concernant les secteurs socialement et écologiquement néfastes ; mise en gestion publique ou coopérative des moyens de production pour les secteurs essentiels au bien vivre collectif (foncier agricole, industries utiles à convertir et à développer selon des critères écologiques et sociaux élevés…) ; taxation des successions et socialisation des grands patrimoines ; mise en place d’instances démocratiques indépendantes d’évaluation et de suivi des impacts écologiques et sociaux pour toutes les activités économiques…

2/ Développer une économie alternative d’ampleur, ou économie des communs, intégrant les services publiques et les secteurs nationalisés, gérée par les bénéficiaires et par celles et ceux qui y travaillent, hors logique de profit de quiconque aux dépens des autres, avec pour objectifs de répondre aux besoins essentiels de toutes et tous et de protéger et restaurer les écosystèmes vivants, autant qu’il sera possible :

Institutionnalisation et développement d’une Sécurité Sociale et Écologique Universelle, validée et révisable uniquement par référendum, élargissant les droits universels garantissant l’essentiel à toutes et tous et la réduction des impacts écologiques ; avec prise en main démocratique forte et innovante allant des bassins de vie jusqu’au niveau national ; développement d’une économie conventionnée de haute qualité sociale et écologique ; restructuration des cotisations sociales et création monétaire dédiée…

3/ Changer les fonctionnements et les modes d’organisation institutionnelle, avec développement des instances de démocratie délibérative à tous les niveaux de la structure sociale et économique :

Élaboration du processus de réécriture de la constitution, assurant une participation active citoyenne et populaire inclusive, en vue d’instituer une 6éme République à la hauteur des enjeux écologiques, sociaux et démocratiques pour les décennies qui viennent.

Ces projets de long terme doivent transformer radicalement nos moyens de produire, de consommer, de travailler, d’être, de vivre, de partager, de décider et de participer, pour garantir la survie de l’humanité sur une Terre sauvegardée malgré les détériorations, et pour ouvrir la voie à une vie juste, durable et désirable pour les générations futures.

Ils doivent rendre la sortie du capitalisme, productiviste et mondialisé, réalisable et heureuse grâce à l’organisation collective d’une alternative à la hauteur des besoins. Dans notre contexte alarmant, cette perspective n’est pas un choix idéologique, mais un impératif de bon sens nécessitant l’engagement du plus grand nombres.

Cette perspective concrète, portée par delà les clivages habituels, est capable de réveiller l’élan salutaire d’ampleur dont nous avons besoin et que tant de monde attend.

L’heure est à l’écologie, à la justice sociale et à la démocratie !

Débat avec B FRIOT, T COUTROT et JM HARRIBEY

Le 10 mai 2021, la coordination « Plus Jamais Ça Loire » a organisé une conférence-débat sur le thème des financements envisageables en vue d’une d’extension du système de « Sécurité Sociale » à tous les secteurs d’activité pouvant garantir, hors logique de profits, un panel de droits fondamentaux en termes de santé, d’alimentation, de logement, de transport, d’énergie, d’eau…

Dans le contexte de crise systémique exacerbée par la pandémie COVID19, le collectif national « Plus Jamais Ça » rassemble une trentaine d’organisations syndicales et d’associations citoyennes et écologistes autour d’un « plan de sortie de crise » publié au sortir du premier confinement et qui évolue aujourd’hui en « plan de transformation sociale, écologique et démocratique ».

Début 2021, la coordination de la Loire a engagé un travail autour de la reconquête et de l’élargissement de la Sécurité sociale. Une première conférence-débat a croisé les perspectives de la CGT, de Solidaires et de la FSU en terme de sécurité et de protection sociale, avec la présentation du projet de sécurité sociale de l’alimentation.

La conférence débat du 10 mai proposait de croiser les points de vue entre Thomas Coutrot, Jean Michel Harribey (tous deux économistes membres du conseil scientifique d’ATTAC) et Bernard Friot (économiste spécialiste de la sécurité sociale et de la sociologie du travail), concernant les questions de financement qu’il faudrait mobiliser pour être à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques.

Nous proposons ici des extraits choisis de l’enregistrement de cette soirée sur trois thèmes spécifiques. (La vidéo complète est accessible sur le site www.pjc42.fr)

La première vidéo (8 mns) présente comment Bernard Friot envisage cette extension de la Sécurité sociale autour de l’idée d’une monnaie en nature complétant les salaires et revenus des personnes percevant moins de 1700 euros mensuels. Cette monnaie, correspondant à ce qui fonctionne aujourd’hui grâce aux cotisations sociales, serait utilisable au sein d’un réseau de professionnels conventionnés, respectant des critères sociaux et écologiques alternatifs par rapport au système aujourd’hui dominant.

Dans la deuxième vidéo (6 mns), Thomas Coutrot présente comment l’on pourrait créer institutionnellement une « monnaie complémentaire nationale fiscale » qui permettrait d’engager la transformation sociale et écologique nécessaire, en évitant d’entrer en conflit frontal avec les règles de l’Union Européenne et le monopole de création monétaire détenu par la BCE depuis 1992.

La troisième vidéo (10 mns) met en parallèle les positions et réflexions des trois intervenants concernant la question de la création monétaire, à mettre sous contrôle ou en gestion démocratique, éventuellement au sein du système sécu, avec quel niveau de conflit ou de rupture à l’égard des principes européens actuels. Ce pouvoir de création monétaire conditionne la réalisation des investissements nécessaires à une transformation sociale et écologique à la hauteur des enjeux.

Cette rencontre est une étape importante dans la perspective d’élaboration collective du projet de « Sécurité Sociale et Écologique Universelle » que nous soutenons. Les propositions concrètes de Bernard Friot et Thomas Coutrot nous semblent notamment pouvoir être mises en complémentarité pour donner une réelle perspective de concrétisation du projet.

Les questions autour de la création monétaire, mais surtout du niveau de conflictualité envisageable avec l’union européenne pour pouvoir donner l’ampleur nécessaire au projet montrent qu’il y a de nombreux chantiers à mener pour aboutir à une perspective à la fois accessible et de réelle mutation.

La question de l’équilibre à trouver entre pouvoir d’Etat et pouvoir attribué au système sécu reste aussi essentielle, autant que celle du mode d’organisation démocratique du système sécu impliquant réellement les gens…

A voir maintenant quelles suites donner à ces premiers pas…

A vos avis