Lancement de la campagne « changeons de système 2022 »

« Cela fait trente ans que les scientifiques alertent sur le fait que le changement climatique joue sur la fréquence, l’intensité et la durée des événements climatiques extrêmes. Nous sommes engagés dans un voyage sans retour – car nous ne pouvons revenir en arrière – en territoire inconnu – car nous n’avons jamais été confrontés à ces défis ». Extrait d’un entretien avec Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS et coauteur du sixième rapport du Giec, publié par la revue Reporterre en juillet 2021.

Plutôt qu’une mobilisation d’ampleur visant un changement radical et profond de l’ensemble de nos systèmes de production et de consommation, ce sont les inégalités qui se creusent de manière exponentielle et les émissions de gaz à effet de serre qui continuent de croître, menant l’humanité aux limites de sa possible survie sur la Terre d’ici quelques décennies.

Dans ce contexte, nous avons élaboré, avec différents spécialistes des questions concernées, un projet d’extension du système de Sécurité Sociale de 1946, qui permettrait de répondre aux besoins essentiels de la population dans une perspective de mutation sociale, écologique et démocratique à la hauteur des enjeux de notre temps. (Voir livret de présentation du projet sur www.changeonsdesysteme2022.fr)

> Convaincu.es que ce projet de Sécurité Sociale et Écologique Universelle peut ouvrir des perspectives déterminantes face à la situation,

> Certain.es que nous devons faire tout ce qui est possible pour changer le cours de notre histoire humaine, maintenant,

nous proposons de rassembler un groupe de personnes, de compétences et d’expériences complémentaires, prêtes à s’engager dans un gouvernement d’union sociale et écologique, par anticipation, en vue de mener le travail de transformation radicale dont nous avons besoin dés 2022.

Ne souhaitant pas « revendiquer des propositions » en chargeant d’autres de les mettre en œuvre, Vincent Bony, membre actif de l’initiative, souhaite prendre part à ce gouvernement en mettant ses compétences au service de la gouvernance partagée et de la concrétisation du projet de Sécurité Sociale et Écologique Universelle.

La constitution de ce « pré-gouvernement » pourrait rendre atteignable la perspective d’une victoire électorale salutaire, en engageant dés maintenant le travail permettant de relever les défis, et suscitant la mobilisation collective indispensable pour y parvenir.

Nous invitons les personnes et organisations citoyennes, syndicales et politiques agissant déjà pour changer de cap et motivées par ces propositions, à entrer en lien pour construire et organiser ensemble l’action à mettre en œuvre.

Face à l’imminence d’une tourmente
écologique, sociale et humaine sans précédent,
nous devons réveiller l’élan qui caractérise
les temps où tout doit et peut changer !

Débat avec B FRIOT, T COUTROT et JM HARRIBEY

Le 10 mai 2021, la coordination « Plus Jamais Ça Loire » a organisé une conférence-débat sur le thème des financements envisageables en vue d’une d’extension du système de « Sécurité Sociale » à tous les secteurs d’activité pouvant garantir, hors logique de profits, un panel de droits fondamentaux en termes de santé, d’alimentation, de logement, de transport, d’énergie, d’eau…

Dans le contexte de crise systémique exacerbée par la pandémie COVID19, le collectif national « Plus Jamais Ça » rassemble une trentaine d’organisations syndicales et d’associations citoyennes et écologistes autour d’un « plan de sortie de crise » publié au sortir du premier confinement et qui évolue aujourd’hui en « plan de transformation sociale, écologique et démocratique ».

Début 2021, la coordination de la Loire a engagé un travail autour de la reconquête et de l’élargissement de la Sécurité sociale. Une première conférence-débat a croisé les perspectives de la CGT, de Solidaires et de la FSU en terme de sécurité et de protection sociale, avec la présentation du projet de sécurité sociale de l’alimentation.

La conférence débat du 10 mai proposait de croiser les points de vue entre Thomas Coutrot, Jean Michel Harribey (tous deux économistes membres du conseil scientifique d’ATTAC) et Bernard Friot (économiste spécialiste de la sécurité sociale et de la sociologie du travail), concernant les questions de financement qu’il faudrait mobiliser pour être à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques.

Nous proposons ici des extraits choisis de l’enregistrement de cette soirée sur trois thèmes spécifiques. (La vidéo complète est accessible sur le site www.pjc42.fr)

La première vidéo (8 mns) présente comment Bernard Friot envisage cette extension de la Sécurité sociale autour de l’idée d’une monnaie en nature complétant les salaires et revenus des personnes percevant moins de 1700 euros mensuels. Cette monnaie, correspondant à ce qui fonctionne aujourd’hui grâce aux cotisations sociales, serait utilisable au sein d’un réseau de professionnels conventionnés, respectant des critères sociaux et écologiques alternatifs par rapport au système aujourd’hui dominant.

Dans la deuxième vidéo (6 mns), Thomas Coutrot présente comment l’on pourrait créer institutionnellement une « monnaie complémentaire nationale fiscale » qui permettrait d’engager la transformation sociale et écologique nécessaire, en évitant d’entrer en conflit frontal avec les règles de l’Union Européenne et le monopole de création monétaire détenu par la BCE depuis 1992.

La troisième vidéo (10 mns) met en parallèle les positions et réflexions des trois intervenants concernant la question de la création monétaire, à mettre sous contrôle ou en gestion démocratique, éventuellement au sein du système sécu, avec quel niveau de conflit ou de rupture à l’égard des principes européens actuels. Ce pouvoir de création monétaire conditionne la réalisation des investissements nécessaires à une transformation sociale et écologique à la hauteur des enjeux.

Cette rencontre est une étape importante dans la perspective d’élaboration collective du projet de « Sécurité Sociale et Écologique Universelle » que nous soutenons. Les propositions concrètes de Bernard Friot et Thomas Coutrot nous semblent notamment pouvoir être mises en complémentarité pour donner une réelle perspective de concrétisation du projet.

Les questions autour de la création monétaire, mais surtout du niveau de conflictualité envisageable avec l’union européenne pour pouvoir donner l’ampleur nécessaire au projet montrent qu’il y a de nombreux chantiers à mener pour aboutir à une perspective à la fois accessible et de réelle mutation.

La question de l’équilibre à trouver entre pouvoir d’Etat et pouvoir attribué au système sécu reste aussi essentielle, autant que celle du mode d’organisation démocratique du système sécu impliquant réellement les gens…

A voir maintenant quelles suites donner à ces premiers pas…

A vos avis